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Crédit IMMO et CONSO : ces dépenses de jeu d’argent qui bloquent vos demandes de prêt.

Longue interview avec Yasmina Al-Yassin, directrice commerciale chez Empruntis courtier immo à Rouen.

QUESTION :  Quelles sont les dépenses problématiques qui allume une alarme dans la tête du banquier ou de la banquière ?

RÉPONSE : 

Au-delà des classiques découverts et incidents de paiement, la banque va traquer toutes les dépenses suspectes qui pourraient trahir la fiabilité du profil emprunteur pour un achat immobilier ou un investissement locatif. C’est aussi vrai pour les crédits conso et auto.

Il y a par exemple les grosses dépenses dans les établissements de nuit ou le shopping débridé mais il y a surtout les dépenses dans les jeux d’argent (paris, poker, casino, PMU, etc). Ce sont les pires de toutes.

La banque va surtout regarder la récurrence et l’importance des montants, mais même de tout petits montants sont problématiques, car on sait que le jeu est une addiction dévorante qui s’aggrave avec le temps.

Pour obtenir le crédit de vos rêves, vous devez démontrer votre capacité à épargner et à contrôler votre budget mensuel. Les durées d’engagement et de remboursement sont longues(20 ou 25 ans)et par conséquent la banque a besoin de savoir avec qui elle se marie. Le niveau de risque pour un client joueur est très élevé.

La banque considère que le joueur aura statistiquement plus de mal à gérer un budget et à éviter les retards de paiement sur les échéances. Contrairement à un client sans soupçon d’addiction au jeu.

La banque ne fait pas dans le détail à savoir si c’est du poker, du casino ou du PMU. Le logiciel qui calcul le risque ne connait pas la différence et impacte très négativement votre scoring bancaire*.

QUESTION Pouvez-vous préciser rapidement ce qu’est le scoring ?

RÉPONSE :

Le scoring bancaire, c’est simplement en français l’attribution d’un score qui indique les probabilités de non-remboursement d’un demandeur. Sur la base de ce score, la banque décide de vous suivre ou pas. Le score est calculé sur les informations et les données de votre dossier bancaire. En fait, le scoring, c’est une notation individuelle qui tient compte de votre comportement sur la base de vos transactions passées et de vos flux d’argent présents.
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QUAND LE JEU N'EST PLUS UN JEU

QUESTION : Un client blacklisté quelque part pour un problème d’addiction au jeu d’argent sera très vite blacklisté dans toutes les banques ?

RÉPONSE :

Oui.

Le demandeur qui essuie un refus à sa demande de prêt essaye de se consoler en se disant qu’il va pouvoir tenter sa chance ailleurs. Mais en pratique, l’offre bancaire n’est pas aussi vaste qu’elle en a l’air.

Dernières 3 ou 4 banques différentes se cachent souvent un même et seul grand groupe bancaire. S’il y a beaucoup d’enseignes bancaires disponibles, il n’y a en vérité qu’une poignée de grands groupes.

Se faire blacklister dans 2 ou 3 banques, c’est pratiquement se faire blacklister de toutes les banques du territoire national.

QUESTION : Pouvez-vous nous donner un exemple de banques qui appartiennent toutes à la même crèmerie ?

RÉPONSE :

Le Crédit Mutuel, le CIC, Fortuneo, Cofidis, Monabanq, Leetchi c’est la même maison. En fait, il y a plein d’exemples comme ça. Le marché bancaire est tenu par 4 ou 5 grands groupes. C’est vrai en France, mais aussi en Suisse, en Belgique, au Canada…

QUESTION : Pourquoi certaines banques refusent automatiquement des clients avant même le premier rendez-vous ?

RÉPONSE :

Comme je viens de le dire, les candidats au crédit bancaire sont souvent persuadés qu’il existe des dizaines de banques différentes en ville ou sur internet, mais en réalité elles appartiennent toutes à une petite poignée de holdings. On pense qu’il y a beaucoup de concurrence entre les établissements bancaires, mais c’est totalement faux. Certains grands groupes peuvent détenir 4/5/6 enseignes. Tout ceci n’est que de l’habillage marketing et de la diversification d’image commerciale auprès de différents types de public cible. L’illusion du choix est artificielle, le banquier vous connaît avant même de vous avoir rencontré dans son petit bureau. Ils partagent très souvent la même base de données d’une banque à l’autre au sein du même groupe. Et c’est de plus en plus vrai. Les banques sont de moins autonomes dans la prise de décision. Le gros danger, c’est de très rapidement se faire blacklister dans tous les réseaux. Même un bel apport personnel venant d’un joueur sera suspecté.
Addiction au jeu d'argent

QUESTION : Est-ce possible de se refaire une virginité sur Internet auprès des banques en ligne après que les banques en ville m’aient refusé pour mes problèmes de jeu ?

RÉPONSE :

Là encore, l’illusion est trompeuse. Aujourd’hui la totalité des néo-banques sur Internet ont toutes été rachetées par des grands groupes bancaires ! Pendant longtemps, les banques en ligne ont apporté un peu de fraîcheur dans cette surconcentration bancaire, mais aujourd’hui, c’est fini. Savez-vous que même le compte nickel appartient à la BNP Paribas ?! Pour un accro au jeu de hasard, même la simple ouverture d’un compte bancaire peut vite devenir la croix et la bannière.

QUESTION : Comment faire pour redevenir clean et attractif auprès des banques si j’ai un passé d’addict au jeu ?

RÉPONSE :

Il faut de la patience et encore de la patience. Il faut produire des relevés de compte mensuels le plus clean possible et ceux pendants plus plusieurs trimestres. En théorie, grâce à la RGPD, les banques ne peuvent plus enregistrer et conserver des données personnelles pendant plus de 36 mois. Si vous n’êtes pas sûr de votre historique bancaire, il n’est pas recommandé de sonner à toutes les portes.  Vous perdez votre temps et vous ne ferez que remettre une pièce dans la “machine à dire non” pour encore 36 mois. Il faut vraiment laisser du temps au temps pour que les choses se décantent un peu partout par elle-même. Cette période de repos forcé peut être l’occasion de mettre de l’argent de côté tous les mois afin de constituer une superbe épargne pour un apport personnel futur. Un apport personnel réalisé sur le temps long en mode écureuil survitaminé sera très apprécié par les banques le jour J. Avant de vous lancer dans vos demandes de crédit immobilier, vérifiez bien d’être le plus clean et le plus béton possible.  Si vous relancez une alerte dans le système, il sera très long de l’éteindre par la suite.

QUESTION : Sommes-nous sûrs que les établissements bancaires supprimant bien nos données personnelles au bout de 36 mois ?

RÉPONSE :

Tout d’abord, on parle ici de données personnelles, on ne parle pas des fichages banques de France pour incidents de paiement ou non-remboursement.  Le Fichier National des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP) vous enregistre pour une durée de 5 ans maximum. Ce fichier est géré de manière centralisée par la Banque de France et consultable uniquement par votre banque.  Maintenant, les données personnelles (salaires, habitudes de dépense, présence de casino, mauvaise épargne) sont stockées par les banques privées dans leurs serveurs informatiques. On ne sait pas trop quels genres d’informations sur nous y sont sauvegardées, mais on sait qu’ils en sauvegardent des tonnes et ce pendant très longtemps.  Le Règlement Général sur la Protection des Données, le fameux RGPD autorise les banques à collecter des données sur leurs clients et leur donne leur droit de les enregistrer pendant une durée de 36 mois maximum.   Le diable se cache dans les détails, car cette durée de 36 mois est valable si le client reste INACTIF. Or 36 mois d’inactivité, c’est très long et le client a tendance à redevenir actif pendant cette période. Ce qui fait que les données personnelles collent à la chaussure des clients pour très très longtemps.  Les algorithmes qui font notre scoring (notation du client) sont comme des boîtes noires au fonctionnement très complexe, voire même opaque. Personne ne sait vraiment comment ça marche. Un client ancien-addict au jeu d’argent même guéri risque de déclencher une alerte dans le système même des années après.  Ce n’est pas parce que quelque chose est illégal que les banques ne le pratiquent pas. On ne saura jamais vraiment quel genre d’infos les banques gardent et pour combien de temps.  Certains clients qui s’inscrivent sur des banques en ligne sont bloqués dès la page inscription et ce sans explication de la banque alors que le client a présentement un bon salaire et une bonne situation.  Ce sont sûrement des fantômes du passé qui rodent dans les clouds informatiques de la banque. Pour me faire l’avocat du diable, je dois aussi dire que les banques savent aussi être clémentes et savent reconnaître un profil qui s’est amélioré dans le temps. On a tous droit à une seconde chance. Un joueur qui a cramé la caisse aux jeux d’argent dans le passé pourra peut-être avoir son crédit accordé, mais avec un taux plus élevé qu’un client sans problème. De même la capacité d’emprunt et la durée du prêt pourront être réduites.  Si votre goût pour les jeux d’argent se manifeste après l’obtention du prêt sachez que la renégociation pour un meilleur taux sera là aussi très difficile. Ça peut toujours être intéressant de renégocier à la baisse son taux d’emprunt ou ses mensualités restantes.

QUESTION : Quelle est la plus grosse différence par rapport à il y a 20 ans dans l’analyse des dossiers de demande de prêt ?

RÉPONSE :

L’automatisation toujours plus croissante ainsi que les capacités d’analyse profonde. Les algorithmes automatiques d’analyse de données de paiement contribuent à resserrer les mailles du filet. Surtout qu’on ne sait pas très bien quel type d’information est passé à la moulinette. L’époque où le banquier prenait sa décision de manière manuelle laissant ainsi une petite chance à des profils atypiques et compliqués est quasi révolue. L’usage de la robotisation bancaire s’est généralisé. Certaines banques, aujourd’hui, ne travaillent même plus sur la classique photocopie des relevés de compte de vos 3 derniers mois. Certaines demandent carrément votre login de connexion avec mots de passe pour analyser vos données de paiement de votre banque en ligne sur des périodes très très longues. Derrière la promesse d’un taux d’intérêt fixe toujours plus personnalisé et toujours plus bas, se cache un contrôle très fin qui ne laisse aucune chance aux joueurs de jeu de hasard, petit ou gros.

QUESTION : Quels conseils donner à quelqu’un qui souffre d’addiction au jeu d’argent et qui souhaite concrétiser son rêve de crédit bancaire ?

RÉPONSE :

Le premier, ça serait d’arrêter les jeux d’argent, mais c’est plus simple à dire qu’à faire. Sinon, il faut vraiment éviter de jouer avec son compte bancaire même de petites sommes parce que ça va vous marquer au fer rouge pendant très longtemps. Évitez de faire de gros retraits de cash à la banque, c’est mauvais pour le scoring en plus d’être louche. Aussi un demandeur qui ne fait aucune transaction par carte bancaire et n’utilise que du cash rendra opaque la lecture du relevé de compte. La banque n’aimera pas. Je tiens aussi à dire que les gains sont encore plus suspects que les dépôts. Car très souvent, les opérateurs de jeu de casino ou d’argent sont basés dans des paradis fiscaux un peu louche du type Curaçao, Chypre, les Antilles Néerlandaises … En recevant des virements bancaires depuis ces zones suspectes, vous pourrez être suspecté malgré vous de faire du blanchiment d’argent et/ou à des activités frauduleuses. C’est vraiment la double peine pour le joueur. Dernier point, ne faites pas de simulations de prêt sur des comparateurs de crédit sur Internet pour le fun si vous n’avez pas l’intention de concrétiser. Car ces comparateurs enregistrent de la donnée sur votre profil emprunteur. Faites le quand votre situation sera optimale et de préférence avec un courtier immo de centre ville qui travaillera pour votre meilleur intérêt. Contrairement au comparateur en ligne, les courtiers en crédit de centre-ville ne sont pas payés au prospect apporté mais sur un tout petit pourcentage des credits accordés. Ils sont sur le même bateau que l’emprunteur. Ils ont autant intérêt que l’emprunteur a décroché une offre de financement. En gros, nous sommes payés aux succès et non aux clics.
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QUAND LE JEU N'EST PLUS UN JEU